Guy Bissonnette

Urgence Web

Par Guy Bissonnette, 16 mai 2012 | catégorie(s):
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«Sans coup de barre sur le Web, on verra des détaillants disparaître» affirme Jean-François Ouellette, professeur de marketing à HEC Montréal.

La majorité des détaillants québécois sont en retard par rapport aux attentes des consommateurs qui souhaitent trouver en ligne, rapidement et facilement, les produits qu’ils recherchent, affirme monsieur Ouellette. Quand on pense que le quart des entreprises n’ont même pas de site Web, tandis que les deux tiers des consommateurs utilisent Internet comme principal outil de recherche, l’heure est grave.

On n’est plus à se demander s’il vaut la peine d’avoir un site transactionnel; désormais il faut se demander combien nous coûte le fait de ne pas en avoir ! Au moindre irritant, les consommateurs délaissent les enseignes québécoises et se tournent sans gêne vers des détaillants étrangers. Quand on ne trouve pas le livre voulu sur Renaud-Bray, on se tourne vers Amazon... ce qui devient rapidement une habitude. Les Québécois ont été plus lents à adopter le commerce en ligne mais ils se rattrapent actuellement et les entreprises n’ont pas la capacité organisationnelle de suivre le rythme.

Monsieur Ouellette poursuit en affirmant que nos concurrents nord-américains grossissent et améliorent leurs technologies plus vite que nous. D’ici environ deux ans, les Québécois seront aussi enclins à acheter en ligne que les autres Nords-Américains. Sans un coup de barre maintenant, on verra des détaillants disparaître, en commençant par des libraires et des marchands de musique et de films. Déjà, des clubs vidéo ferment parce que Netflix, entre autres, leur rentre dedans! En matière de commerce mobile, il se trame des choses aux États-Unis, comme les paiements par téléphone intelligent et le ciblage chrono-géo-personnalisé par des entreprises qui ont des années d’avance sur les nôtres. Starbucks, sur ce plan, écrasera probablement nos Café Dépôt et autres Presse Café si rien n’est fait. Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que certaines de ces avancées ne menacent pas seulement nos détaillants et nos PME, mais certains modèles d’entreprises ou d’institutions aussi importantes chez nous que nos banques ou caisses populaires, ainsi que nos télédiffuseurs et radiodiffuseurs.

Source : Journal Les Affaires du 14 avril 2012, 60 secondes avec... Jean-François Ouellette, professeur de marketing au HEC Montréal

Commentaires

Contenu pertinent, français

Contenu pertinent, français impeccable, bravo pour ces billets toujours appréciés.

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